Anthologie de poèmes, d'encres, d'essais précédée de dix textes critiques

La liberté chez Tasso est essentiellement élévation, désir d’élévation. Par l’éloquente métaphore des ailes, tout semble, mots et dessins, voltiger dans les pages aérées où l’encre noire finit par perdre consistance afin qu’éclate la marée calligrammatique des pensées, méditations, critiques… Fût-elle trait de dessin, parole, conscience du poète ou le poète lui-même, cette poésie s’éclipse volontiers dans la passion de la fusion, en écho à la même passion qui clôt le Paradis de Dante, livrant pour ainsi dire le mystère de la création.

Mireille ISSA, médiolatiniste
in Envol pour une assomption… en poésie

Encore faut-il que nous soyons capables de rassembler les différentes sensations que suscite en nous le temps dans une unité de pensée, laquelle, en termes bergsoniens, s’appelle la durée. L’expérience que nous fait vivre Alain Tasso est un événement d’une rare singularité… Il est quelquefois arrivé que par une formule — une seule — que le poète, à la manière du physicien ou du mathématicien, synthétise un vaste domaine de la réalité… Pour Alain Tasso, il nous appartient d’interroger l’univers.

NIMROD, poète, romancier, essayiste et animateur de revue
in Alain Tasso, d’un chant solitaire

Les œuvres de Tasso sont souvent aux antipodes des sentiments épars, car elles n’ont pas un caractère terrestre. Elles ressemblent à des êtres qui se meuvent dans l’espace, en dehors du monde… Sa passion aspire à atteindre l’indicible et se fait au détriment de son propre être. Alors, ses accumulations spirituelles prennent vie naturellement mais ne sont pas le fruit du hasard. Elles jaillissent de suggestions particulières, se répandant sur l’ensemble comme un habit endeuillé parsemé de cristaux lumineux.

Movses ZIRANI, critique d’art, essayiste et galeriste
in Recherches dans les cercles intemporels
et impalpables

préface Joseph Tarrab télécharger PDF

Alain Tasso commence à communiquer avec son lecteur par le plaisir des sens afin de freiner son élan, de le préparer au rythme lent, méditatif, intériorisé de la lecture poétique entrecoupée de rêveries et de dérives mentales en quête d’un sens élusif qui sans cesse se livre et se dérobe, se rapproche et s’éloigne, s’immerge et resurgit, tel un esquif balloté par les vagues… De multiples pelures sémantiques, des sédimentations énigmatiques qui questionnent le sens au lieu de le fixer… Il parvient, en dix brefs poèmes, à quintessencier encore la quintessence de ses thèmes, chaque mot, ici, évoquant dans l’esprit du lecteur familier de sa poésie tout un ensemble d’images, d’idées et d’émotions. (EXTRAITS DE LA PRÉFACE)

Joseph TARRAB, critique d’art et essayiste
in Insolites Colophons — Se Perdre, Se Retrouver

On pénètre son livre comme une salamandre, on détourne l’ordre de sa mise en scène, on adhère à ses espaces, on parcourt ses écrits, on décode, on reconstruit… Sa plume éclot, persienne ouverte sur le monde, plectre qui fait chanter le point central… Il va jusqu’au point culminant de l’imagination, de l’incertitude affirmative, du fictif par où ses visions trouveront une faille, où un rayon lumineux la traversera.

Hoda ADIB, poète et pianiste
in Prolégomènes à la lecture de trois recueils d’Alain Tasso

Ainsi, cette écriture poétique dont l’harmonieuse mélodie nous permet de goûter au "déploiement du mystère " ne manque pas d’aiguiser en nous la conscience des limites : elle est notre intelligence cosmique qui nous pousse à ne pas " gagner l’image / inconsciemment / mais s’inquiéter auprès d’elle "... Alain Tasso est assez attentif aux craquements tectoniques pour oser fredonner que tout va à l’épuisement dans la fugacité de l’être…

Issam ASSAF, poète et essayiste
in Béance et présence dans De neige et de pierres d’Alain Tasso

Par de singuliers apparentements, d’insolites saillies, ce pêcheur dans les eaux troubles de l’imaginaire ligature ses logotypes pour en faire, chaque fois, des passerelles vers d’autres perceptions, le rituel d’une aléatoire initiation, qui vous placent dans l’urgence de dépasser ce qui est flagrant. Avec lui, comme avec les meilleurs, on sent tout de go voler en éclats la gangue des lieux communs, qu’ils soient du langage ou de la réflexion.

Jalal KHOURY, metteur en scène, scénariste et ethnoscénologue
in L’écume pour ainsi dire

L’entreprise est singulière et suppose une indéniable force intérieure… Tout est d’abord lumière avant d’être mots, ce qui doue à leur tour les mots d’une lumière essentielle où la nuit et la neige se rejoignent… Ce poète est le chantre discret et royal d’une neige écarlate…Alain Tasso fait de la tension mystique une terre où s’ancrent les formes et les mots… Le grand poète intègre le doute, mais le dépasse sans cesse… Au vrai le poète est un ouvreur. Et nous le suivons aveuglément. " Pour voir ".

Daniel LEUWERS, poète, essayiste et homme de revue,
président de l’Association internationale des critiques littéraires in Alain Tasso, singulier poète de l’essentiel

Alain Tasso développe les motifs intersémiotiques dans sa propre production et dans ses essais littéraires, notamment les liens entre peinture, musique et poésie. Il les développe aussi par le métalangage et la description de son processus créatif… Alain Tasso est poète de l’oxymore. Il est poète de termes contraires (et non contradictoires), qui se servent le plus souvent de lexèmes distincts… Ses textes sont saturés de limpidité, de la lueur, des grappes de la lumière et de l’éclair. Il est, comme le dit Guiraud à propos d’un poète,
" l’explorateur des ténèbres ".

Arkadiusz PLONKA, chercheur en philologie et essayiste in L’aspect
intersémiotique de la poésie de Alain Tasso : l’oxymore et les couleurs achromatiques

Il met l’accent, une nouvelle fois, sur la primauté de la relation qui devrait se développer entre la nature et l’homme, à partir de la figure emblématique de la neige possédant les qualités du noir. La solitude serait-elle la condition de cette quête qu’entreprend le poète accompagné de son lecteur ? Est-elle la résultante d’une impossible éthique, celle qui est corrompue à jamais par l’homme moderne ?

Elie YAZBEK, chercheur en théorie du cinéma
in Alain Tasso, poète de l’improbable

Le livre de Tasso est pareil à cette sève qui fait communiquer racines et cime tel le début et la fin du poème. Le parcours ascensionnel du poète à partir de sa vie/sève ici-bas correspond aussi au tournoiement de l’anneau d’amont en aval jusqu’au Parthénon des dieux, le plus pur et l’ultime lieu... C’est la langue cristalline rencontrée dans le dénuement intégral de ses derniers retranchements, celle écrite avec " l’eau des cailloux " souvent limpide. C’est la parole de l’éternelle unicité qui convertit le poème en " rayon d’éclat ", et l’existence du poète en " grain de joie ", en goutte de plénitude immergée dans un océan de béatitude divine.

Sabah ZOUEIN, poète et critique littéraire
in Langue de l’ultime et expérience mystique :
sur Le Champ de l’hypostase d’Alain Tasso